Le cycle menstruel se calcule du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. Il est défini comme long s’il dure au-delà de 35 jours. On le considère régulier si les règles surviennent bien tous les mois à quelques jours près. Il est connu que les cycles menstruels longs sont associés à plus de facteurs de risque cardiovasculaire comme l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle (HTA) ou encore le diabète de type II. Mais peu de données ont étudié l’impact de la durée et de la régularité des cycles sur l’apparition d’événements artériels.
Un étude Américaine parue en 2022 dans le journal JAMA évoque cette hypothèse. Il s’agit d’une étude de cohorte qui incluait plus de 80 000 infirmières entre 1993 et 2017. Elles ont toutes rempli un questionnaire sur la description de leurs cycles, excluant les périodes de grossesse et d’utilisation de contraception orale. L’âge moyen des femmes de l’étude était de 37 ans. 9,1% d’entre elles ont reporté des cycles irréguliers ; 13,9% des cycles longs de plus de 32 jours. A noter que les patientes avec cycles irréguliers avaient un IMC (indice de masse corporel) plus élevé que les femmes avec cycles réguliers, plus d’hypercholestérolémie et plus d’HTA. Sur 24 ans de suivi prospectif, 1816 (2,3%) femmes ont développé un premier évènement cardiovasculaire artériel : pathologie coronarienne, infarctus du myocarde, ou accident vasculaire cérébral.
L’analyse statistique de l’étude a mis en évidence que :
- Les femmes avec cycles irréguliers ou une période sans règles avaient plus de risque de développer un évènement cardiovasculaire après 50 ans que les femmes avec des cycles réguliers.
- Les femmes avec des cycles longs de 40 jours ou plus, avaient plus de risque de développer un évènement cardiovasculaire après 50 ans que les femmes avec une durée de cycle normale de 26 à 31 jours.
- Les femmes avec cycles réguliers lors de l’adolescence, qui deviennent irréguliers après 29 ans ont un surrisque d’événements cardiovasculaires.
Les facteurs de risques cardiovasculaires les plus observés dans ces associations, étaient l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle chronique et le Diabète de type II.
Les atouts de cette étude sont la longue durée de suivi chez une large cohorte de femmes, et l’analyse incluant les facteurs de risques cardiovasculaires.
En revanche, cette étude n’a pas pris en compte les éventuels diagnostics gynécologiques qui pourraient être à l’origine de désordres du cycle menstruel comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou encore l’insuffisance ovarienne prématurée, hors on sait aujourd’hui que ses deux pathologies sont plus à risque cardiovasculaires. D’autre part, 23% des patientes n’avaient pas rempli le questionnaire à tous les âges demandés donc ont été exclues. Et enfin, aucune information concernant les contraceptions hormonales non orales n’ont été décrites.
TAKE HOME MESSAGE : Il est donc important de consulter si cycles irréguliers ou longs non seulement à la recherche d’une pathologie gynécologique mais aussi afin de dépister les facteurs de risques cardiovasculaires associés. Il reste à définir si le traitement de ces désordres menstruels réduit le surrisque d’événements cardiovasculaires évoqué dans cette étude.
*Menstrual Cycle Regularity and Length Across the Reproductive Lifespan and Risk of Cardiovascular Disease, Yi-Xin Wang et al, JAMA 2022
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